Le prix du bio
21 janvier 2010 par Desfemmes
Dans Actualité, Santé Vitalité
Les produits bio ont la réputation d’être chers. Et c’est vrai que leurs prix sont plus élevés que ceux de leurs homologues conventionnels. Comment s’expliquent ces différences de prix ? Et, finalement, consommer bio, est-ce que cela provoque vraiment une augmentation du budget courses ?
Une pénurie de produits
Si les produits bio sont chers, c’est d’abord parce qu’ils sont encore trop rares. En France, la demande est supérieure à l’offre, ce qui implique d’une part un recours massif à l’import (50% des produits), et d’autre part, des prix élevés.
Si les volumes produits en France augmentaient, les prix baisseraient sans doute. Espérons donc que les objectifs ambitieux fixés par le Grenelle de l’Environnement seront atteints : de 2% de la surface agricole utile (SAU) en 2008, arriver à 6% en 2010, 15% en 2013 et 20% en 2020.
Des coûts plus élevés en bio
Les produits bio coûtent en moyenne 10 à 30% plus cher que leurs équivalents non bio. Plusieurs raisons à ces différences de prix :
- L’agriculture bio n’utilise ni engrais chimiques, ni pesticides de synthèse. Les fruits, les légumes et les céréales poussent donc moins vite, les rendements sont moins élevés, et les coûts de main d’œuvre sont plus importants (désherbage manuel, surveillance des cultures pour repérer les attaques parasitaires…). La croissance des animaux est également plus lente, ce qui explique que la viande et le poisson soient plus chers au kg.
- Au-delà du stade de la production, la transformation des produits et le conditionnement coûtent également plus cher qu’en conventionnel, car les volumes sont plus faibles (pas d’économies d’échelle) et les ingrédients sont plus coûteux. Les additifs suspects et ingrédients d’origine chimique étant interdits, il faut des alternatives naturelles, dont le prix est plus élevé. C’est notamment vrai en cosmétique : par exemple, les huiles végétales biologiques coûtent plus cher que la paraffine, qui est un dérivé pétrochimique dont le coût de revient est très faible.
- Le transport et la distribution sont également plus onéreux, toujours en lien avec ces volumes plus faibles. La dispersion des acteurs, les circuits de commercialisation plus longs, les rotations de stocks plus faibles, la petite taille des points de vente : autant de facteurs qui viennent gonfler la note. Difficile d’être aussi performant, et donc aussi compétitif, que les grands distributeurs, dont les circuits sont optimisés et les coûts calculés au dixième de centime d’euro !
- Enfin, tout au long de la chaîne de production, les différents intervenants doivent être certifiés par un organisme indépendant. Agriculteur, transformateur, conditionneur subissent des audits de certification et des contrôles annuels, ce qui représente un coût supplémentaire.
Produits non bio : on les paie 2 fois !
Autre élément que l’on oublie souvent : on paie deux fois les produits issus de l’agriculture conventionnelle ! Une fois lors du passage en caisse, et une seconde fois, indirectement, par les impôts. Car les produits agricoles non bio sont largement subventionnés (10 milliards d’euros sont versés chaque année aux agriculteurs français) : le prix du marché en conventionnel est déconnecté du prix réel.
D’autre part, le coût des dépollutions liées à l’agriculture conventionnelle, ainsi que les dépenses de santé imputables à une alimentation de mauvaise qualité, sont, eux aussi, supportés par le contribuable.
Manger bio, ça ne coûte pas plus cher
Alors c’est vrai, les produits bio sont plus chers. Mais manger bio n’entraîne pas forcément une augmentation du budget alimentaire. Au contraire, une étude allemande a montré qu’une famille qui consomme bio réduit de 8% ses dépenses alimentaires. Car quand on mange bio, en général, on consomme moins de viande et on favorise les protéines végétales, moins onéreuses. Dans les magasins bio, on est confronté à moins de sources de tentation : on achète ainsi moins de plats cuisinés tout prêts, de snacks, de sucreries, de biscuits et autres produits superflus qui pèsent généralement lourd lors du passage en caisse. Et en matière de cosmétique, la qualité des ingrédients et leur affinité avec la peau rendent les soins bio plus efficaces : leur rapport qualité-prix n’a rien à voir avec les cosmétiques classiques.
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