Plastiques, biberons et bisphénol A

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biberons sans bisphénol ALes biberons en plastiques, mais aussi de nombreux récipients alimentaires sont fabriqués à partir de polycarbonate, qui contient du bisphénol A. Ce BPA, une fois libéré dans les aliments (surtout chauffés dans le récipient en plastique), a une action semblable à celle des oestrogènes. Le bisphénol A est ainsi accusé de perturber l’équilibre hormonal, notamment chez le bébé et l’embryon, durant la grossesse. Il pourrait être la cause d’une baisse de la fertilité masculine et de certains cancers.

Le bisphénol A (BPA) a été mis au point en 1891. Dans les années 30, il a été considéré comme un œstrogène de synthèse potentiel, mais on lui a finalement préféré le Distilbène, plus performant. On en produit actuellement 6 milliards de tonnes par an dans le monde. Le BPA est polymérisé pour donner du polycarbonate et des résines époxydes. Il peut aussi servir d’additif antioxydant ou d’agent anti-polymérisation dans le PVC.

Où trouve-t-on du bisphénol A ?

- Dans les récipients en plastique rigide et transparents, constitués de polycarbonate: biberons (90% d’entre eux sont en polycarbonate), gobelets, boîtes, récipients pour micro-ondes, bouteilles réutilisables…
- Dans le revêtement intérieur de certaines boîtes de conserve (légumes et tomates en particulier) et canettes (sodas, bière), en résine époxy, censé protéger les aliments du contact avec le métal;
- Dans les matériaux médicaux et chirurgicaux, ainsi que les composites utilisés comme matériau de scellement en dentisterie;
- Dans les récipients, tubes et tuyaux en PVC.

Migration du BPA dans les aliments

Le bisphénol A est libéré par les plastiques de type polycarbonate et certains PVC. Il migre dans les aliments en particulier s’ils sont acides ou contiennent des lipides, et d’autant plus si les aliments sont chauffés. Un récipient en polycarbonate réchauffé au micro-onde est encore davantage susceptible de libérer du BPA.

Le bisphénol A a les mêmes effets que les oestrogènes, des hormones féminines

Une fois absorbé par ingestion, le bisphénol A passe dans le sang et est transporté jusqu’aux cellules, où il se fixe sur les récepteurs oestrogéniques. On dit qu’il a un effet «oestrogen-like», c’est-à-dire qu’il mime l’action des hormones féminines. Il est ainsi suspecté de perturber l’équilibre hormonal: malformations gonadiques chez les bébés, troubles pubertaires, baisse de la fertilité masculine, augmentation de la fréquence des cancers du sein, de la prostate et des testicules… C’est lors de la vie intra-utérine que les bébés sont les plus exposés, ainsi que durant leurs premières années. C’est pourquoi les femmes enceintes devraient se montrer particulièrement prudentes, de même que les biberons en polycarbonate devraient être évités.

Le BPA est 100 fois moins actif que l’oestradiol, mais le problème est qu’il est très présent dans notre environnement: nous sommes donc exposés à des doses faibles mais répétées, et certains experts mettent en cause l’effet «cocktail» des différents perturbateurs endocriniens. Considérés isolément, ils n’ont que peu d’effet, mais leur action peut être décuplée lorsqu’on en ingère plusieurs simultanément, ce qui est généralement le cas, étant donné les multiples sources de contamination au quotidien.

Interdiction du BPA au Canada et aux Etats-Unis… mais pas en France !

Dans certains pays (le Canada en tête), le BPA a été déclaré par les autorités sanitaires «matière dangereuse pour les bébés», et son utilisation pour la fabrication de biberons a été interdite en avril 2008. Aux Etats-Unis, l’interdiction est en cours (pour le moment, la Californie et le Connecticut ont voté une loi interdisant les biberons contenant du BPA).

La France, elle, traîne les pieds, et Roselyne Bachelot a refusé, pour le moment, d’appliquer le principe de précaution et d’interdire le BPA dans les biberons, en se basant sur un avis de l’AFSSA (avis dépassé et ne prenant pas en compte les nouvelles données scientifiques, selon certains experts). Quelques structures prennent néanmoins les devants, on peut ainsi saluer l’initiative des crèches parisiennes, qui ont décidé de bannir les biberons en polycarbonate (soit un « parc » de 35.000 biberons à remplacer peu à peu).

Comment savoir si un récipient en plastique risque de contenir du bisphénol A ?

Le code de recyclage, indiqué dans ou sous un triangle (souvent au fond du récipient) permet de déterminer le matériau plastique utilisé. Pour éviter l’exposition au BPA, n’utilisez pas de récipients en plastique fabriqués avec les matériaux suivants:

- Code recyclage 7 ou PC (Polycarbonates);

- Code recyclage 3 ou PVC (Polychlorure de vinyle).

Préférez le verre, l’acier inoxydable, la céramique… ou les plastiques suivants:
- Code recyclage 1 ou PET (Polyéthylène téréphtalate);
- Code recyclage 2 ou PEHD (Polyéthylène haute densité);

- Code recyclage 4 ou PEBD (Polyéthylène basse densité);

- Code recyclage 5 ou PP (Polypropylène).

Pour les biberons en plastique, la grande majorité d’entre eux sont en polycarbonate, mais on en trouve de plus en plus garantis sans BPA. Plusieurs marques en proposent: Baby to Love, Nuby, Green to Grow, Born Free… Et la solution des bons vieux biberons en verre reste plus que jamais d’actualité!

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Commentaires

Un Commentaire pour "Plastiques, biberons et bisphénol A"

  1. netshaman on ven, 20th nov 2009 18:20 

    Je preconiserais aussi d’eviter le Code recyclage 1 ou PET (Polyéthylène téréphtalate) a cause des phtalates et de l’ antimoine contenu dans ces plastiques.

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